One person

1 avril, april, aprile, April, aprile, abril 2021

Publié le 23 avril 2021 lors de la Limited Edition Art Fair, Villa Empain, Bruxelles

Cette édition présentée à l’occasion de la foire LEAF2021, est une boîte bleue marine dans laquelle se trouvent neuf séries de huit cartons colorés, sur lesquels sont imprimés en recto et verso seize titres différents apparus à la une des sites d’informations de quelques grands quotidiens européens (Le Monde, Repubblica, Correio da Manha, De Telegraaf, Frankfurter Algemeine Zeitung, The Guardian), belges (La Libre Belgique, De Standaard) et américain (New York Times), en date du 1er avril 2021. Cette date est celle du poisson d’avril, tradition printanière et bon enfant que la presse suit en général avec amusement, en glissant dans leurs informations authentiques du jour, des informations farfelues. Le jeu consiste donc ici à deviner, à la lecture des titres de ces grands médias, ce qui recouvre une réalité et ce qui relève de l’élucubration la plus totale. Pas simple en 2021 !

Hors d'oeuvre (Serendipity # 3)

Publié le 19 décembre 2020, Eté78, Bruxelles

Editeurs Septembre Tiberghien, Olivier Gevart

Graphisme Mélanie Berger

Pendant l’année 2020, trois numéros d’une publication nommée Serendipity sont publiés par le centre d’art Eté78. Chaque numéro prend pour point de départ un fait remontant à l’année 1978, qui est ensuite soumis à l’inspiration des artistes invités. Le troisième numéro a ainsi pour prétexte la mort du comte Georges Moens de Fernig le 16 août 1978, qui fut notamment l’organisateur clé de l’exposition universelle de Bruxelles, en 1958. L’œuvre imaginée en réaction à ce contexte bondissant de création prend la forme d’un texte nommé « Hors d’œuvre », prolongé d’une photographie du centre d’art Eté78, prise un soir d’août 2020. Le texte tente un examen hautement rationnel des données/contraintes de création, du lieu et de l’époque en laquelle elle doit naître. Il dresse le portrait rocambolesque d’un esprit en recherche obsessive de sens et de logique, qui tente de matérialiser son embarras sous la forme d’un objet tangible, qu’il ne parvient à représenter que sous l’image métaphorique d’une petite boule de porcelaine froissée, ectoplasme squattant sa psyché. En décembre 2020, à l’occasion d’une exposition concluant le projet éditorial, est présentée au public cette fameuse boule froissée, en chair et en os. Est-ce une relique du comte ? Un morceau de la vraie croix ? Une preuve de notre existence physique en des temps hautement solitaires et numériques ?

Photos exposition : Regular Studio

Protocole / Protocol

Editeur Christophe Veys

Novembre 2017

 

Le collectionneur et historien de l’art Christophe Veys mène un projet éditorial nommé Protocole/Protocol, dont le principe consiste à demander à des artistes de rédiger sur un certificat le scénario d’une oeuvre « à faire soi-même » par l’acquéreur. Invité à imaginer quelque chose dans ce cadre, la proposition contourne quelque peu les paramètres imposés, pour mieux y être fidèles. Au lieu d’une injonction claire à faire quelque chose, le texte du verso de chaque certificat se divise en deux paragraphes d’une sorte de roman en fragments (dont l’entierté de l’édition constituerait le corps entier, mais que le principe de la mise en vente par morceaux rend impossible à saisir). Au verso, par dessus la mise en page typographique conçue par le studio Valley The Valley, est imprimée sur chaque certificat une photographie par procédé sérigraphique. Les textes du « roman » constituent à leur manière l’instruction pour créer l’oeuvre, destinée à l’acquéreur. Plutôt qu’une parole directive, vient une parole d’observation. C’est donc plus le partage d’une observation sur le monde qui fait instruction. La photographie complète le partage d’observation. L’acquéreur ne peut choisir le fragment/l’image qui lui plaît le plus, mais se soumet plutôt à un tirage au hasard lors de l’achat; le hasard décidant quelle est la situation observée/le fragment/l’image les plus à même de parler à la personnalité du dit acquéreur. L’autorité de la relation entre l’auteur et l’acquéreur est par ailleurs atténuée par un jeu typographique supplémentaire, où dans la case du certificat « nom de l’artiste » figure des acronymes du nom initial, tous différents. Comme si l’auteur se diluait de la sorte en diverses entités.

Patch Magazine

Publié en décembre 2016

Institut Supérieur pour l'Etude du Langage Plastique, Bruxelles

Co-édité avec Florence Cheval, Franz Drakkar

Parallèlement à l’exposition De l’assemblée à l’imprimante présentée à l'Institut Supérieur pour l'Etude du Langage Plastique à Bruxelles, est publié le premier (et finalement unique) numéro d’un magazine nommé Patch, destiné à accompagner le nouveau programme de l'établissement. En marge du travail éditorial, les contributions personnelles à cette publication consistent en deux textes d’intro et d’outro (Je vous ai compris / Je ne vous ai pas compris). Vient ensuite un texte illustré de dessins (Deux juillet, troisième âge). Puis des pages mixtes combinant des publicités positivistes sur le thème de l’art contemporain, des autoportraits sollicités auprès de tous les membres du personnel de l’ISELP, accompagnés de scans de leurs notes de travail, avec leurs graphies particulières, des photos d’archives de l’ISELP retrouvées avec l’aide de l’archiviste dans le centre de documentation, des photos prises sur place pendant les heures de bureau, et des citations provenant d’une installation de Joseph Kosuth réalisée dans le passé à l’ISELP, mais reniée plus tard par l’artiste lui-même.

Connect

Publié en décembre 2016

Lokaal 01, Anvers

Editeur Frederik Vergaert

En décembre 2016, suite à des coupes budgétaires dans le secteur culturel en Flandre, le centre d’art Lokaal 01 est contraint de fermer ses portes après de longues années d’activité, ayant vu défiler un nombre considérable d’artistes belges, hollandais et internationaux. Pour conclure l’aventure, un « manuel » est édité, comprenant l’intervention de toute une série d’artistes. Quelques artistes sont invités à contribuer autant à l’intérieur du livre que sur la copie, une fois imprimée. La proposition consiste ici en un texte nommé « Zéro et un » consacrée à des artistes amis ayant exposé sur place, texte dont la lecture est perturbée par des dessins en noir et blanc. En regard de ce texte, une page blanche. L’intervention sur l’objet imprimé tient quant à elle en une surimpression de dessins sur la couverture. Une quarantaine de copies sont ainsi singularisées, soit ce qui peut être emporté dans un sac à dos entre Anvers et Bruxelles, et retour. Comme pour établir une échelle d’action, la marge de manoeuvre modeste dont un individu seul dispose.

Récit d'un voyage au Luxembourg

Publié en octobre 2009, dans le cadre du festival Sentiers Rouges

Collaboration graphique Stéphane De Groef

Ce livre est créé dans le cadre d’un festival artistique se déroulant dans le Sud du Luxembourg, à l’extérieur, dans divers recoins des communes participantes. Plutôt que de créer une œuvre pérenne, est proposé ce livre qui recueille le fruit photographique d’errances dans les environs de Dudelange, Esch-sur-Alzette, Schifflange, partagés entre zones forestières, zones industrielles, et zones densément habitées. Images toutes emplies de brume, d’humidité. Cette dérive luxembourgeoise est ponctuée de photographies prises à Anvers, Bruxelles, La Panne et Bogotà en Colombie. L’ensemble médite sur le sentiment d’appartenance aux lieux (le Luxembourg laissant du reste entrevoir les indices de son lien migratoire avec le Portugal et l’Italie). On rencontre aussi au détour du livre une reproduction du texte d’Albert Camus, Retour à Tipasa, dans lequel il relate l’expérience d’un retour en une région côtière d’Algérie, fréquentée dans son enfance.