One person

Carton d'invitation et affiche de l'exposition "Support Act : La clé des champs", Botanique, Bruxelles,

Diffusé en janvier 2020

En regard de l'exposition "Support Act : La clé des champs" (Botanique, Bruxelles, 20.02-29.03.2020) sont édités une affiche et un carton d'invitation. Ce dernier consiste en une photographie des quartiers d'affaires au Nord de Bruxelles, prise de nuit depuis le pont du Botanique surplombant la voie rapide qui fait le tour du centre-ville. Où seuls surgissent dans l'image quelques enseignes et signes lumineux. Sur cette base imprimée, une singularisation est réalisée à la main sur les 2000 cartons envoyés par la poste, tenant en une perforation de motifs d'animaux ou de plantes, soudain propulsés en ce paysage urbain. L'affiche quant à elle montre une image où des restes de ces perforations tiennent dans une main: ce sont ici des lapins et lapines, emmêlés, s'entrechoquant, se bousculant, se côtoyant...

Protocole / Protocol

Editeur Christophe Veys

Novembre 2017

 

Le collectionneur et historien de l’art Christophe Veys mène un projet éditorial nommé Protocole/Protocol, dont le principe consiste à demander à des artistes de rédiger sur un certificat le scénario d’une oeuvre « à faire soi-même » par l’acquéreur. Invité à imaginer quelque chose dans ce cadre, la proposition contourne quelque peu les paramètres imposés, pour mieux y être fidèles. Au lieu d’une injonction claire à faire quelque chose, le texte du verso de chaque certificat se divise en deux paragraphes d’une sorte de roman en fragments (dont l’entierté de l’édition constituerait le corps entier, mais que le principe de la mise en vente par morceaux rend impossible à saisir). Au verso, par dessus la mise en page typographique conçue par le studio Valley The Valley, est imprimée sur chaque certificat une photographie par procédé sérigraphique. Les textes du « roman » constituent à leur manière l’instruction pour créer l’oeuvre, destinée à l’acquéreur. Plutôt qu’une parole directive, vient une parole d’observation. C’est donc plus le partage d’une observation sur le monde qui fait instruction. La photographie complète le partage d’observation. L’acquéreur ne peut choisir le fragment/l’image qui lui plaît le plus, mais se soumet plutôt à un tirage au hasard lors de l’achat; le hasard décidant quelle est la situation observée/le fragment/l’image les plus à même de parler à la personnalité du dit acquéreur. L’autorité de la relation entre l’auteur et l’acquéreur est par ailleurs atténuée par un jeu typographique supplémentaire, où dans la case du certificat « nom de l’artiste » figure des acronymes du nom initial, tous différents. Comme si l’auteur se diluait de la sorte en diverses entités.

Patch Magazine

Publié en décembre 2016

Institut Supérieur pour l'Etude du Langage Plastique, Bruxelles

Co-édité avec Florence Cheval, Franz Drakkar

Parallèlement à l’exposition De l’assemblée à l’imprimante présentée à l'Institut Supérieur pour l'Etude du Langage Plastique à Bruxelles, est publié le premier (et finalement unique) numéro d’un magazine nommé Patch, destiné à accompagner le nouveau programme de l'établissement. En marge du travail éditorial, les contributions personnelles à cette publication consistent en deux textes d’intro et d’outro (Je vous ai compris / Je ne vous ai pas compris). Vient ensuite un texte illustré de dessins (Deux juillet, troisième âge). Puis des pages mixtes combinant des publicités positivistes sur le thème de l’art contemporain, des autoportraits sollicités auprès de tous les membres du personnel de l’ISELP, accompagnés de scans de leurs notes de travail, avec leurs graphies particulières, des photos d’archives de l’ISELP retrouvées avec l’aide de l’archiviste dans le centre de documentation, des photos prises sur place pendant les heures de bureau, et des citations provenant d’une installation de Joseph Kosuth réalisée dans le passé à l’ISELP, mais reniée plus tard par l’artiste lui-même.

Connect

Publié en décembre 2016

Lokaal 01, Anvers

Editeur Frederik Vergaert

En décembre 2016, suite à des coupes budgétaires dans le secteur culturel en Flandre, le centre d’art Lokaal 01 est contraint de fermer ses portes après de longues années d’activité, ayant vu défiler un nombre considérable d’artistes belges, hollandais et internationaux. Pour conclure l’aventure, un « manuel » est édité, comprenant l’intervention de toute une série d’artistes. Quelques artistes sont invités à contribuer autant à l’intérieur du livre que sur la copie, une fois imprimée. La proposition consiste ici en un texte nommé « Zéro et un » consacrée à des artistes amis ayant exposé sur place, texte dont la lecture est perturbée par des dessins en noir et blanc. En regard de ce texte, une page blanche. L’intervention sur l’objet imprimé tient quant à elle en une surimpression de dessins sur la couverture. Une quarantaine de copies sont ainsi singularisées, soit ce qui peut être emporté dans un sac à dos entre Anvers et Bruxelles, et retour. Comme pour établir une échelle d’action, la marge de manoeuvre modeste dont un individu seul dispose.

Livret du visiteur & Cahier pour enfants

Editions réalisées en marge de l’exposition "De l’assemblée à l’imprimante", ISELP, Bruxelles

Publiées en novembre 2016

Editeurs Pauline Hatzigeorgiou & Laurent Courtens

L’exposition De l’assemblée à l’imprimante est conçue comme s’infiltrant semi clandestinement dans la programmation du centre d’art ISELP à Bruxelles, à l’automne 2016. Une exposition initiale est inaugurée en septembre 2016 (Table of content, exposition collective), et une exposition monographique de Catharina Van Eetvelde suit en décembre 2016. Dans l’intervalle, une exposition est créée, mêlant mes oeuvres à celles des artistes des volets de septembre et de novembre. Comme s’il s’agissait d’une exposition personnelle déguisée en exposition de groupe, ou l’inverse. Le livret du visiteur, produit par l’ISELP pour l’exposition Table of content (ci-contre en jaune) est réimprimé tel quel, mais sur un papier orange, avec des signes typographiques perturbateurs et une longue conversation, retranscrite mot pour mot, entre moi-même et les deux commissaires de l’exposition. Il en résulte un guide du visiteur rendu à la fois illisible, et proposant dans le même temps une
surabondance de lecture.

Un cahier de jeux/cahier de dessins est également créé à la demande de la commissaire Pauline Hatzigeorgiou, en charge de la médiation de l’ISELP à l’attention des enfants. Se présentant sous la forme d’une feuille A3 pliée, imprimée sur 5 papiers colorés différents, l’édition propose aux enfants de dessiner une série de sujets, ou d’entourer un détail de la composition faite de dessins mêlés au verso, qui représenterait ce sujet.

Parmi ces sujets à dessiner ou à repérer, on suggère : Un bateau dans le port de Palerme/ Deux aéroports / Une fresque du quinzième siècle/ Une escapade / Le ring de Bruxelles / Le smog de Bogota / Une chambre à Venise / Trente cargos chargés de déchets radioactifs coulés en mer par la mafia / Un tilleul...

 

 

 

Le projet muet

Magazine Semaines, n°51-12, Éditions Analogues, Arles, 2012

Editeur Thomas Bernardet

Le magazine Semaines confie épisodiquement sa rédaction à des artistes. En 2012, Thomas Bernardet est invité à concevoir un numéro. À son invitation, je m’associe à lui avec un texte qui narre l’existence d’un artiste bruxellois au 21ème siècle, nommé Basile, arpentant les rues de la capitale belge et évoquant des décisions politiques du moment. Ce texte se voit troublé d’inscriptions manuscrites de la main de Bernardet, tandis que ses photographies sont agencées en vis-à-vis du texte.

Extrait du texte :


« D’autres soirs le trouvent découragé des suites de tentatives infructueuses. Il se demande si ce n’est pas un leurre que de poursuivre ce travail avec tant d’obstination. Si, autour de lui, les choses et les années n’en viendraient pas à s’écouler, à lui filer entre les doigts. Et cela pour qui, pour quoi? Il est frappé par l’activité bourdonnante qu’il retrouve aussitôt qu’il quitte le confinement de son atelier pour se rendre par exemple sur le temps de midi au supermarché. Les camions circulent en tous sens. Onconstruit de nouveaux appartements à l’emplacement d’une maison en ruine que l’on a abattue la semaine passée. Une mère tente de garer sa voiture dans un étroit emplacement qui se trouve non loin de l’école où l’attendent ses enfants. »