One person

Un homme qui dort

Galerie LMNO, Bruxelles

25.11-06.12.2020

« Au fil des heures, des jours, des semaines, des saisons, tu te déprends de tout, tu te détaches de tout. Tu découvres, avec presque, parfois, une sorte d’ivresse, que tu es libre, que rien ne te pèse, ne te plaît, ni te déplaît. Tu trouves, dans cette vie sans usure et sans autre frémissement que ces instants suspendus que te procurent les cartes ou certains bruits, certains spectacles que tu te donnes, un bonheur presque parfait, fascinant, parfois gonflé d’émotions nouvelles. Tu connais un repos total, tu es, à chaque instant, épargné, protégé. Tu vis dans une bienheureuse parenthèse, dans un vide plein de promesses et dont tu n’attends rien. Tu es invisible, limpide, transparent. Tu n’existes plus : suite des heures, suite des jours, le passage des saisons, l’écoulement du temps, tu survis, sans gaieté et sans tristesse, sans avenir et sans passé, comme ça, simplement, évidemment, comme une goutte d’eau qui perle au robinet d’un poste d’eau sur un palier, comme six chaussettes trempées dans une bassine de matière plastique rose, comme une mouche ou comme une huître, comme une vache, comme un escargot, comme un enfant ou comme un vieillard, comme un rat. » Georges Perec, Un homme qui dort, 1967

Support Act : La clé des champs

Le Botanique, Bruxelles

20.02-29.03.2020

Commissaires Grégory Thirion & Mathilde Manche

«Support Act : La clé de champs » est une exposition d'oeuvres disposées sur les quatre murs d'un espace unique ponctué de sources lumineuses colorées et d’une performance. Elle a été présentée au Botanique, centre d’art de Bruxelles juste avant la pandémie. 

L’espace, voire la scène, est défini par des néons de couleurs qui créent dans les hauteurs des zones colorées, tandis que les murs sont structurés par des lattes en métal vissées dans le mur et des plaques de verre sérigraphiées réunies sous forme de compositions murales. Ces compositions font se superposer des photographies et des dessins, et créent des mini récits tacites. D’autres oeuvres consistent en des impressions de textes sur des supports imprimés, en particulier des tracts politiques dont le conte­nu original se devine encore sous la couche de couleur qui les recouvre, créant une rencontre facétieuse de textes de nature différentes: entre proverbe, poésie et propagande.

Les barres métalliques utilisées, habituellement enfouies dans les murs des constructions servent de coutume à les structurer. Mais ici ce squelette est dénudé.

Chaque oeuvre se développe en des couches successives, combinant mots, idées, images, suggestions. Une filiation avec la bande dessinée se retrouve dans l’esprit de certaines de ces associations, créant des formes particulières de narration. Certaines oeuvres contiennent des personnages qui semblent être des figurines prises dans des rapport d’échelle écrasants, de l’ordre de David contre Goliath. C’est la ville omniprésente qui s'étend, dans ses matériaux, ses divisions, sa digitale conception en laquelle erre l’être humain, qui en est pour­tant le concepteur. D’autres personnages sont dans des isolements, des cécités, des surdités, des difficultés à communiquer avec leurs semblables.

Lors de la performance prestée lors du vernissage, un personnage porte un masque blanc rappelant celui du tragicomique Pierrot lunaire de la Comme­dia dell’Arte. Il est assis silencieusement devant son ordinateur portable, apparemment exclu des dialogues en cours entre les visiteurs. Grâce à un projecteur, cependant, les spectateurs peuvent voir qu’il réagit par écrit aux conversa­tions ayant cours autour de lui, sous forme de commentaires ou de réponses aux questions qu'on lui pose explicitement. Mots saisis, écrits au milieu de la confusion générale du vernissage. Mi présent mi absent; il semble tenir tour à tour les rôles des personnages  apparaissant dans l’exposition; figure mi identifiée, mi anonyme, mi individuelle, mi évaporée dans le collectif, opé­rant tel le mage ou le bouffon du roi, oeuvrant à une discrète catharsis

Astérix & Obélix sur la Côte d'Azur

Thankyouforcoming, MAMAC, Nice

23.11.2019

Commissaire Claire Migraine

La performance présentée au MAMAC de Nice sous les auspices de Claire Migraine et de son association Thankyouforcoming, conclut une semaine de résidence sur la Côte d’Azur, à la rencontre des acteurs de la scène artistique. Elle se divise en trois temps. Dans le premier temps est exposée la « théorie d’Astérix & Obélix », soit une spéculation sur les stéréotypes fondant les imaginaires collectifs, envisagés dans leur dimension géographique. Dans un second temps, est présenté un ensemble d’images d’oeuvres d’artistes issus d’une zone géographique déterminée (France, Belgique, et enfin Côte d’Azur), dans le but d’illustrer par l’exemple la brillante théorie. Dans un troisième temps, des « cartes de l’imaginaire collectif » des trois zones géographiques susmentionnées sont « dessinées » en direct sur le sol des salles du musée, parmi l’accrochage de la collection permanente, au moyen de rubans de couleurs déterminant sommairement les frontières politiques, et de feuilles de papier comportant les mots clés associés précisément à chaque imaginaire ainsi que les noms des villes principales.

Photos : Alexandre Ansel, Claire Migraine

La Quadratura del cerchio

Crexida Fienile Fluò, Bologne

29.03-31.03.2019

Commissaire Angelica Zanardi

Crexida est une association principalement active dans le domaine du théâtre et de la danse. Elle est implantée dans un domaine situé sur les hauteurs de Bologne, dans les collines. Au terme d’une résidence de 10 jours, une exposition est imaginée au départ du matériel de scène figurant dans les coulisses du lieu. Une installation est créée dans la salle de spectacle intérieure, mêlant ces éléments scéniques et autres accessoires présents sur place à des travaux sur verre et sur papier apportés depuis la Belgique.

Rosa, Rosa, Rosae, Rosae

SB34 The Pool, Bruxelles

10.01-15.02.2019

Commissaire Pauline Hatzigeorgiou

Rosa, Rosa, Rosae, Rosae est une exposition imaginée par Pauline Hatzigeorgiou pour l’espace SB34 qu’elle a fondé avec l’artiste Rokko Miyoshi. Le thème de cette exposition de groupe est l’idée de transmission envisagée sous divers angles (celui de l’éducation, de la traduction et de ses écarts etc.). Dans ce contexte, la proposition consiste en des travaux réalisés sur des tracts électoraux, récemment distribués dans les quartiers de Bruxelles à l’occasion des élections communales. Une couche de peinture semi transparente est répartie à même ces supports improvisés, laissant entrevoir le texte original du tract, tandis qu’un texte est surimprimé en blanc par dessus, faisant s’entrechoquer des registres de langage. Avec d’un côté un discours accrocheur, voire populiste, plein d’utopies quant à l’avenir, et ce qu’il y a à transmettre aux générations futures, et de l’autre des textes plus divagants qui mettent doucereusement en doute les propos politiques. Non sans voir les couleurs avoir aussi mots à dire (couleurs que les partis s’attribuent pour caractériser l'orientation de leur politique).

Luna di Mezzogiorno, Sole di Mezzanotte

Fondazione Aurelio Petroni, San Cipriano Picentino

19.08-20.08.2018

Commissaires Chiara Caterina & Caroline Houben

La Fondazione Aurelio Petroni est établie dans une ancienne demeure patricienne située sur les hauteurs de Salerno, près de Naples. Au terme d’une résidence de dix jours, une exposition est présentée consistant en des travaux réalisés directement sur les murs des salles du rez-de-chaussée du palais (le hall d’entrée, les anciennes écuries...). C’est une exposition de textes/fresques qui s’arrime à même les murs du bâtiment comme pour invoquer l’âme des lieux, mais aussi l’âme de la région et de son passé (proche de Pompéï, et de Naples, la région est dense de toute une histoire, où les textes muraux eurent une importance, qu’ils s’agissent du monde chrétien, romain). Les textes évoquent cependant des dimensions de l’Italie actuelle, ou des méditations plus universelles.