A group of Persons
Minima que dalle
Galerie Flux, Liège
20.02-21.03.2026
Fabian Rouwette, Frédéric Darras, Pierre Gerard, Raphaël Van Lerberghe, Yoann Van Parys
Seriez-vous un bon shérif ?
Au départ, il y avait une hésitation sur la forme.
Comment penser la réunion de cinq artistes invités à exposer ensemble — sans qu’ils constituent un collectif au sens fort ?
Brochette ?
Hamburger ?
Partition ?
Exposition ?
Alignement, superposition, simultanéité réglée, simple voisinage ?
Puis apparaît le dessin :
un miroir de saloon dans lequel cinq cow-boys ont tiré, chacun une balle.
Chaque impact porte l’initiale du tireur.
Mais ce n’est pas une vitre neutre.
C’est un miroir.
Autrement dit : on tire dans une surface qui renvoie l’image de celui qui regarde.
La règle physique est connue :
une fissure qui rencontre une autre s’arrête.
Elle ne la traverse pas.
Le temps se lit dans les interruptions.
Le premier tir ouvre le champ.
Le second doit composer avec lui.
Les suivants héritent d’un territoire déjà entamé.
Ce dessin ne représente pas seulement une énigme.
Il montre comment une forme se constitue progressivement.
Un dessin se construit ainsi :
de proche en proche.
Un trait appelle un autre trait.
Une décision limite les suivantes.
Une ligne oblige à bifurquer.
On ne part jamais d’un espace intact.
On part d’un champ déjà affecté.
Dans Minima que dalle, les cinq artistes ne forment pas un collectif soudé par une esthétique commune.
Ils ne sont ni empilés ni alignés.
Ils ne chantent pas sur une même portée.
Ils partagent un espace.
Et cet espace n’est pas neutre.
Comme le miroir du saloon, il réfléchit les gestes.
Chaque proposition infléchit la lecture des autres.
Chaque œuvre modifie les conditions d’apparition des suivantes.
Il n’y a pas hiérarchie.
Il n’y a pas centre.
Il y a propagation.
Le titre — Minima que dalle — accentue encore cette idée :
quelque chose de presque rien, de ténu, de minimal,
et pourtant suffisant pour produire des effets de tension.
Un impact suffit à fissurer l’ensemble.
Un geste minime suffit à reconfigurer le champ.
Être un bon shérif, ici, ce n’est pas seulement retrouver l’ordre des tirs.
C’est savoir lire :
où un geste s’est arrêté,
où il a été contraint,
où il a infléchi les autres.
Mais le miroir ajoute une dimension supplémentaire :
celui qui observe est aussi pris dans le reflet.
Le spectateur apparaît dans la surface brisée.
Son image est fragmentée par les lignes des artistes.
Ce n’est plus seulement l’histoire d’un petit groupe réuni pour une exposition.
C’est l’histoire d’une situation où chacun agit dans un champ déjà traversé par les autres —
et où le regardeur lui-même est inclus dans la fissure.
Peut-être qu’être un bon shérif, dans ce contexte,
ce n’est pas imposer un ordre,
mais accepter que la forme se construise par ajustements successifs,
dans un miroir qui ne sera plus jamais intact.
Isonzo / Soča
Résidence à Gorizia / Nova Gorica
Commissaire Eleonora Sovrani
Un projet de Matteo Carli et Giovanni Chiarot, Le Serre, Udine
Avec Francesca Cogni, Rafhael Comodino, Lenart de Bock, Žiga Ipavec, Tilen Kravos, Maria João Petrucci, Giulio Pollionato, Yoann Van Parys
Une résidence de création collective associant musique et arts visuels. Une exploration de la zone transfrontalière italo-slovène, s'étendant autour de Gorizia/Nova Gorica. L'omniprésence d'un fleuve, changeant de genre et de nom lors de son passage d'un pays à un autre : Isonzo/Soča. Le jeu comme agent fédérateur.
Un projet: Altrememorie
En collaboration avec: Društvo Sik Cultural Association, Zeroidee APS, Quarantasettezeroquattro Association, IDA ETS, ETRAR.T.E. Association, Circolo Arci Gong, Bar Trattoria al Poeta, Kreativna cona Vrtojba
Avec la contribution de : Région Friuli Venezia Giulia
Someone's been sleeping in my bed
Baita, Pian de Farnè
Commissaire Alfred Agostinelli
Avec Pierre-Alexandre Mateos & Charles Teyssou, Alessandro Sciarroni, Federico Antonini, Laura Doardo & Alessandro Calabrese, Honey Jones-Hughes & Antonio de la Hera, Yoann Van Parys, Zachari Logan, Saul Marcadent, Caterina Gabelli & Tami Izko
04.07-06.07. 2025
Dans « The Story of the Three Bears » de Robert Southey (1837), trois ours – un grand, un moyen et un petit – vivent tous ensemble dans une maison dans les bois. Comme dans l'histoire de Southey, la cabane qui abrite l'exposition a trois propriétaires, qui ne diffèrent pas par leur taille mais par la position qu'ils occupent dans la ligne du temps.
Le premier à occuper les pièces du refuge fut l'arrière-grand-père Lodovico, qui, en 1918, offrit le belvédère aux tireurs d'élite autrichiens et fit de la maison un abri et un point de tir idéal pour les soldats de François-Joseph. L'arbre centenaire
dans le jardin est probablement né avec lui. Leo a été le deuxième gardien de la cabane. Fils unique de Lodovico, il a agrandi le bâtiment en transformant l'alpage en ermitage personnel. La salle avec la cheminée et la chambre à coucher où sont exposées les œuvres constituaient le cœur de son habitation.
Revenons au présent : ce qui est aujourd'hui mon refuge de montagne a accueilli différentes personnes au cours des dix dernières années, trahissant sa nature d'ermitage pour devenir un espace ouvert aux visiteurs. À l'occasion
de ce dixième anniversaire, j'ai rassemblé dans la cabane une série d'objets affectifs, oubliés, prêtés ou offerts, qui resteront exposés au public pendant deux jours seulement.
Proche des étoiles (et des commerces)
L'Orangerie, Bastogne
13.04-19.05.2024
Commissaires Gauthier Pierson, Sarah Godelaine
Projet réalisé en collaboration avec Fatma Abidi, Roland Bastenier, Charline Bihain, François Evrard, Amélie Hordebise, Philippe Houzé, Rafael Marques, Léopold Strepenne, et Carine Wynants
En 2023 s’est tenue à l’Orangerie à Bastogne une exposition intitulée « Proche des commerces (et des étoiles). Elle a consisté en une fresque colorée, réalisée par des enfants, sur le sol, au fil de quatre journées de travail.
Un an plus tard, me voilà sous l’emprise de Georg Wilhelm Friedrich Hegel. Je vois tout sous l’angle de l’antithèse. La nouvelle exposition s’intitule donc « Proche des étoiles (et des commerces) ». Elle se déploie au plafond plutôt qu’au sol. On la réalise durant quatre nuits, avec des adultes, au lieu de la faire de jour avec les enfants. Là où l’exposition précédente était en couleur, celle-ci est en noir et blanc. Et du plan, nous glissons vers le volume. Il en résulte un portrait non plus diurne mais nocturne de Bastogne.
La nuit, tous les chats sont noirs. Tout est semblable, et en même temps légèrement différent. Les minutes s’écoulent et nous sommes quelque part entre veille tardive, rêve, cauchemar, hallucination, songe. L’église n’est plus nécessairement au milieu du village. La main cherche à saisir, à l’aveugle. Cependant, voici que le projet de l'antithèse parfaite se révèle impossible. Car le réel intervient. Il met son grain de sel. Mais alors, où sommes-nous ? Faisons-nous du sur place dans la thèse? L’éternelle thèse est-elle notre unique destin ? Ou l’antithèse est-elle précisément cette thèse assaisonnée ? A moins que ce ne soit déjà la synthèse ? Et que veut la classe moyenne dans tout ça ? Friedrich, puisses-tu nous éclairer de tes lumières.
Proche des commerces (et des étoiles)
L'Orangerie, Bastogne
06.05-11.06.2023
Commissaire Gauthier Pierson
Projet réalisé en collaboration avec Jules Marques (11 ans), Alice Noël (11 ans), Clara dell'Erba (15 ans), Elie Verdin (12 ans), Gustave Bastenier (13 ans)
Le centre d’art l’Orangerie est désireux d’établir un partenariat avec la maison des Jeunes de Bastogne. Il s’agit de créer un projet avec les hôtes de ces lieux. Cinq enfants âgés de 11 à 15 ans s’inscrivent. Nous nous promenons dans la ville, munis de simples marqueurs noirs et de feuilles. Nous dessinons Bastogne, ville du sud de la Belgique connue pour avoir été le théâtre de la bataille des Ardennes durant la seconde guerre mondiale. C’est aujourd’hui une bourgade paisible, tournée vers le commerce local et le tourisme. Nous rentrons au centre d’art pour transposer les dessins au sol au moyen d’autocollants. Le soir venu, des couches de peintures sont répandues sur les dessins. On enlève les autocollants au matin pour révéler les dessins. On ajoute dans la marge de ces dessins des reproductions fidèles d’enseignes présentes dans la rue principale de Bastogne. Didascalies. La fresque au sol est augmentée d’un réseau de cordes, qui trace un dessin supplémentaire par-dessus les peintures. La salle du fond est bleue, constellée d’étoiles.
Il en résulte un cimetière de marques, couchées au sol, comme il y a ces tristes cimetières de soldats ; une cave platonicienne, avec une idée de Bastogne, dans Bastogne ; une version enfantine et ingénue de la ville bâtie à travers le temps par les adultes ; une alternative au jeu vidéo des Sim’s, une reprise d’une carte Google Maps ; une grotte de Lascaux avec des peintures soufflées dans une ambiance architecturale de postmodernisme wallon ; une peinture colorée d’inspiration Navajo méditant sur la perception que l’Occident se fait de l’univers.
Le carton d’invitation et le poster de l’exposition entrelacent les noms des commerces et restaurants du centre de Bastogne, un drapeau américain, une publicité d’un agent immobilier et d’un opticien. Les cartons sont poinçonnés d’étoiles. Ces supports sont des divagations graphiques sur la bannière étoilée, sur les stimuli visuels d’une ville, et sur l'urbanisme qui fait l’objet d’une négociation entre le commerce, l’histoire, et le conseil communal.
05 septembre - 01 octobre
Galerie Totem, Amiens
05.09-01.10.2022
Commissaires Louis Clais & Gabriel Folli
Cette exposition collective à la galerie ToTem à Amiens (située sur la place centrale au pied de la cathédrale gothique) a été conçue par Louis Clais et Gabriel Folli. Elle a pour titre drôlatique ses propres dates de début et de fin. Elle réunit des oeuvres de Fabrice Cazenave, Louis Clais, Gabriel Folli, Marie Glaize, Raphaël Lecoquierre, Nancy Moreno et Régis Jocteur Monrozier. J'ai d'abord rédigé un texte sur chacun des artistes participants (moi inclus), sous les traits "d'un homme/d'une femme de métier" : radiologue, expert-comptable, factrice, patineur, opticienne, entrepreneur et commentateur sportif. Ces textes ont ensuite été remaniés pour être imprimés sur des tablettes en argile, s'apparentant à des amulettes. Ces amulettes ont ensuite été suspendues dans une alcôve de l'exposition, au bout de cordes colorées, formant de la sorte une représentation de théâtre de marionnettes de l'exposition, à moins que ce ne fut le premier communiqué de presse en trois dimensions de l'histoire. Au vernissage, votre serviteur s'est affublé de sa propre amulette, n'allant pas sans évoquer les plaques ancestrales d'écriture cunéiforme, une médaille olympique, une décoration royale moyenâgeuse, voire les plaques portées par de pauvres hères sur les marchés aux esclaves.