A group of Persons

Le Jeu de l’oie

(SIC), Bruxelles

18.05 - 05.06.2016

Mostra organizzata come curatore, con il sopporto di Sébastien Biset, Aurélie Bouvart, Anaël Lejeune, Olivier Mignon, Raphaël Pirenne

Con opere di : Jacqueline Mesmaeker, Sylvie Eyberg, Pol Matthé, Wobbe Micha, Freek Wambacq, Christophe Terlinden, Denicolai & Provoost, Michel Goyon, Cathérine Lommée, Fiona Mackay, Pierre Gerard, Lucia Bru, Reinaart Vanhoe, Peggy Frank, Dialogist Kantor, Olivier Foulon, Joël Vermot, Leon Vranken, Cyril Bihain, Pierre Lauwers, Vaast Colson, Antoine Van Impe

 

BROADCAST

Institut Supérieur pour l'Etude du Langage Plastique, Bruxelles

Notte del 28 al 29 marzo 2014

Progetto realizatto come curatore, con la collaborazione di Raphaël Pirenne, Olivier Mignon, Aurélie Bouvart, Anaël Lejeune et Sébastien Biset

Con contributi di Max Bourguignon, Antoine Boute, Michel Goyon, Jean-Daniel Pollet, François Winants e del tagliapietre.

Discorso inaugurale

(Traduzione italiana in corso)

Madame, Monsieur, Jeunes filles, jeunes hommes,

La langue française qui compte un nombre appréciable d’expressions et de formulations magnifiquement forgées par le temps, en compte notamment une qui débute peu ou prou par ces mots « S’il y a bien une chose qui caractérise untel ou une telle chose, c’est son inclinaison à… sa propension à… »

Je me suis levé ce matin en me disant que c’était une journée à essayer de mettre cette phrase à toutes les sauces.

J’ai donc commencé en essayant de l’adapter au thème du jour.

Si il y a bien une chose qui caractérise la collaboration entre disons… un groupe artistique et une institution artistique, c’est, pour reprendre la formule d’un bon ami « la confusion dans la clarté ».

 Une institution est somme toute aussi un groupe artistique, or si il y a bien une chose qui est difficile à faire, c’est non seulement de faire tourner un groupe artistique, mais encore plus de faire tourner deux groupes artistiques.

 Comme il y a eu ici deux groupes artistiques, nous avons donc eu, comme promis oserait-on dire, de la confusion dans la clarté.

 Mais alors, où nous emmène cette confusion dans la clarté? Parce que si il y a bien une chose qui est troublante, c’est que la confusion dans la clarté s’avère parfois être « le bon chemin ».

 Et bien… il nous emmène dans une série d’échanges e-mails plus ou moins évasifs, sur base d’un projet qui ne l’est pas moins au départ. Et puis nécessairement (puisqu’il y a « communication »), il nous emmène dans la rédaction d’un texte annonciateur. Et c’est là que les choses se passent en deux temps.

 Nous avons d’abord notre texte à nous, qui est une citation de l’historien d’art bien connu Léonard Bordes, datant de 1929 : 

 « Il ne faut pas chercher à expliquer pourquoi l'oeuvre est belle. Les hommes ne s'entendent guère sur la nature de la beauté. Ces deux mots eux-mêmes jurent d'être accouplés, et font comprendre combien une telle ambition serait ridicule. Elle serait même néfaste pour le but que l'on poursuit. Sur cette question, le tintamarre de cervelles dont parle Montaigne est particulièrement bruyant. Mais si le pourquoi nous échappe, l'analyse nous permet de voir les détails où réside cette beauté et d'en déterminer certains caractères ».

Et puis voilà que nous avons en complément (contrepoint ? éclaircissement ?) de cette citation, le texte de l’Iselp (donc du second groupe artistique) qui dit quant à lui ceci :

 « Depuis dix ans, la plateforme éditoriale et curatoriale (SIC) occupe une place incontournable sur la scène artistique belge. Le groupe s’est notamment illustré par la résidence éditoriale mise en place pour le Off de la dernière Biennale des Arts visuels de Venise. Invités à L’iselp à expliquer leur pratique collective, ils ont proposé d’en comprendre le fonctionnement à travers une initiation scout. ».

S'il y a bien quelque chose qui caractérise ce texte au premier abord, c’est qu’il est flatteur. Alors là je dis merci.

Mais s'il y a bien quelque chose qui caractérise ce texte au second abord, c’est justement qu’il nous met sur la piste du « bon chemin » en faisant montre de confusion dans la clarté, ou plutôt non cette fois précisément, de clarté dans la confusion.

En effet, les mots deviennent soudainement très précis. « Invités à l’iselp à expliquer leur pratique collective »… pratique collective … invités à l’iselp…  « Ils ont proposé d’en comprendre le fonctionnement à travers une initiation scoute »…

« Proposer d’en comprendre… ».

La formule est très belle. Alors là, merci l’Iselp une seconde fois…

Or -et nous en venons au fait- s'il est question de « proposer d’en comprendre », alors un premier constat s’impose :

Si il y a bien une chose qui caractérise le fonctionnement d’un groupe artistique (appelons-le comme ça, bien que cela puisse valoir pour un groupe de bûcherons, un groupe de réflexion, n’importe quel groupe de cons), c’est le fait qu’il existe en son sein une certaine forme de tension, due à une rivalité-sous-jacente-des –individus-mis en situation de crise et j’en passe.

C’est donc le règne du non, plutôt que du oui, de la rivalité plutôt que de la solidarité. Il y a inévitablement quelque chose qui relève de la « lutte fratricide », à un degré plus ou moins élevé.

Vous allez me dire, c’est bien triste de voir les choses sous c’est angle. Je sais, mais c’est comme ça dirait Ad Reinhardt qui défendait le fait que la seule affirmation en art relevait de la négation.

Ainsi, il disait : les dix règles pour une nouvelle pratique de l’art sont : pas de texture/ pas d’effet de brosse/pas de dessin/pas de forme/pas de design/pas de couleur/pas de lumière/pas d’espace/pas de temps/pas de taille, ni d’échelle/ pas de mouvement/pas d’objet… Après tout ça, selon Ad Reinhardt on peut ( on pouvait) commencer.

Ainsi, pour reprendre cette assertion tournée à la négative : il n’y a pas de groupe artistique sans lutte fratricide.

Si il y a bien une chose qui caractérise le groupe artistique, c’est qu’il est traversé à plus ou moins haute dose de tension intestine.

Puisque nous sommes arrivés fortuitement à cette déduction par le détour de la confusion dans la clarté, issue de la rencontre de deux groupes artistiques : l’iselp et sic, il nous a semblé qu’il fallait être conséquent avec cette idée.

Car quelque part : tout cela n’a rien d’enfantillages. Je vous parle ici d’honneur ! de lutte symbolique, de lutte d’autant plus importante qu’elle est une lutte symbolique…

C’est la raison pour laquelle, chers amis, ce soir nous allons nous affronter, entre nous, entre frères (et sœurs) sur une série d’épreuves.

Nous débuterons par la constitution des deux groupes, et afin de planter d’emblée le décor (qui n’a rien d’un décor car il s’agit de quelque chose de concret et non d’illusoire, nous allons procéder à une sélection cruelle, comme la pratique la nature.

Nous allons déterminer deux chefs d’équipe, qui choisiront tour à tour parmi les inscrits, les membres de leur équipe respective, par élimination, comme autrefois lors des cours de gymnastique, qui constituent en définitive une bonne introduction à la « pratique curatoriale » pour reprendre les mots de ‘l’iselp.

Ensuite nous nous affronterons tout au long de la soirée, à la fois pour jouer cette lutte symbolique, mais aussi pour l’éprouver, la mettre à l’épreuve dans des moments où la frontière entre le bien et le mal, l’ami et l’ennemi, est susceptible en définitive et grâce aux milles secours de nos personnalités et des circonstances, de s’estomper.

 

Le modèle a bougé

BAM, Museo di Belle Arti, Mons

10.01.2011-05.02.2012

Mostra realizzata come curatore, con Raphaël Pirenne. 

Con opere di Marcel Duchamp, Henri Laurens, Bernard Gaube, Duane Michals, Pierre Bonnard, Henri Matisse, Jean Hélion, Lili Dujourie, Orla Barry, Gerhard Richter, Otto Steinert, Eugène Atget, Eugène Carrière, Christine Felten & Véronique Massinger, Léon Vranken, Peter Fischli & David Weiss, Eadweard Muybridge, Claude Cattelain, Constantin Brancusi, Gert Robijns, Philippe De Gobert, Natalia Gontcharova, Suchan Kinoshita, Barbara Morgan, Gillian Wearing, Henri Cartier-Bresson, Hélène Amouzou, Roni Horn, Chantal Maes, Ulla von Brandenburg, Hans Bellmer. 

(Traduzione italiana in corso)

Le Musée des Beaux-arts de Mons (BAM), présente une exposition intitulée « Le modèle a bougé ». Cette exposition, dont le titre est inspiré d’une remarque d’Edgar Degas adressée à l’un de ses contemporains, Eugène Carrière, réunit une trentaine d’artistes modernes et contemporains, autour de deux questions étroitement liées l’une à l’autre, celle du rapport de l’artiste à son modèle et celle de sa relation au caractère évanescent de ce modèle: un enjeu de type photographique renvoyant à cette tension inhérente aux travaux de nombreux artistes, à savoir, tenter de capter ce qui n’est nécessairement que transitoire et nous échappe.

L’exposition s’articulera en différents sous-ensembles mettant en évidence des aspects de cette thématique. Une première salle est ainsi consacrée à un survol historique et transversal du rapport du « peintre à sa muse », avec ce qu’une telle relation sous-entend en terme de désir, d’aspiration à transposer dans l’œuvre d’art des sentiments de fascination, d’admiration, de sensualité.

Dans la seconde salle, on se penche plus nommément sur le processus photographique dans sa relation historique à la peinture. On y examine les différentes vitesses qui régissent ces deux médiums. La troisième salle est dédiée pour sa part à l’espace de l’atelier, théâtre par excellence de la « séance de pose » unissant le créateur à son sujet d’attention, de même que lieu d’expérience et de jeu. Ces associations, presque chorégraphiques, trouvent leur prolongement dans la quatrième salle qui est consacrée aux passages existant entre les arts plastiques et la danse, les arts de la performance, du mouvement. Enfin, une cinquième et dernière salle sonde plus avant la figure du modèle, en mettant en lumière son caractère de fétiche, et d’icône, tel qu’éclairé par des disciplines comme la psychanalyse ou l’iconologie.